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"Identitarisme et communautarisme sont les deux faces d'une même médaille" - La philosophe Gabrielle Halpern sur La Chaîne Parlementaire (LCP débat)



La philosophe Gabrielle Halpern était l'invitée de l'émission "Ces idées qui gouvernent le monde", sur LCP, présentée par Emile Malet. Aux côtés d'intellectuels et de personnalités politiques, elle a apporté son regard sur le thème proposé en débat: "la crise des identités nationales".


"Pourquoi déclinons-nous toujours notre identité la première fois que nous rencontrons quelqu'un? Pourquoi avons-nous besoin d'entrer dans ce jeu du "qui suis-je?" et du "qui es-tu? Pourquoi l'identité est-elle un sujet si sensible pour chacun d'entre nous? Chacun d’entre nous s'interroge sur son identité. Pourtant, derrière cette question, - qui est parfois une question de vie ou de mort -, se cache l’interrogation originelle de la définition de l’être humain en général et du sens de son existence dans ce monde. Ce « qui es-tu ? » et ce « qui suis-je ? » reposent sur une angoisse fortement ancrée en nous, - la première chose que nous faisons lorsque nous rencontrons quelqu’un n’est-il pas de décliner notre identité ? Une angoisse liée à « une situation archaïque », comme l’explique l'un des plus grands penseurs européens du XXe siècle, Elias Canetti : « c’est le contact hésitant avec la proie. Qui es-tu ? Peut-on te manger ? L’animal, toujours en quête de nourriture, touche et flaire tout ce qu’il trouve ». Est-ce pour cette raison que le sujet de l’identité est si sensible, chez les êtres humains ? Est-ce pour cela que nous avons tant besoin de nous définir et de définir ce et ceux qui nous entourent ? De coller des étiquettes, de cataloguer tous ceux que nous rencontrons ? Derrière les jugements que nous émettons sur nos congénères, il y aurait ce besoin de savoir le plus rapidement possible qui est la proie et qui est le prédateur. L’identité aurait-elle donc un sens ancestral de vie et de mort?", Gabrielle Halpern

"Et pourtant, nous ne nous rendons pas compte combien nous nous faisons du mal en passant nos journées à nous ranger dans des cases. Il y a les jeunes et il y a ceux que l'on appelle pudiquement et hypocritement les "seniors", il y a les startupers, les enseignants, les agriculteurs, les artisans, il y a ceux qui font des métiers intellectuels et ceux qui font des métiers manuels... A force de découper le corps citoyen en morceaux, nous créons des frontières absurdes et artificielles entre les générations, entre les métiers, entre les territoires, entre les citoyens, entre les secteurs et ces frontières renforcent les fractures au sein de notre société. Nous passons notre vie à ranger tout et tout le monde dans des cases et ce faisant, nous passons complètement à côté de leur réalité... En fait, nous passons complètement à côté de la réalité", Gabrielle Halpern


Pour voir l'émission en rediffusion : https://www.dailymotion.com/video/x8ybt46



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