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"Demain, on évaluera un territoire selon sa capacité d’hybridation entre les mondes" - La philosophe Gabrielle Halpern intervient au Printemps des Territoires organisé par la Banque des Territoires



La philosophe Gabrielle Halpern a participé à l'événement "Le Printemps des Territoires" organisé par la Banque des Territoires, à Paris. Sous forme d'interview sur la scène, elle a partagé sa vision des territoires et les implications de sa philosophe de l'hybridation pour repenser le rôle et le positionnement des territoires.


"Un territoire n’est plus un espace délimité géographiquement ; il est un écosystème de relations à provoquer, à cultiver, à développer. Demain, on évaluera un territoire selon sa capacité d’hybridation entre les mondes ; demain, on évaluera l’action publique territoriale selon sa capacité à imaginer de nouvelles hybridations possibles entre les mondes, à les mettre en œuvre, à les développer, à les garantir et à les métamorphoser. Cela ouvre vers une nouvelle philosophie de l’intervention, de l’action publique locale", Gabrielle Halpern

"Si l’action publique territoriale se réduit à « être en réaction » face à des citoyens-consommateurs quémandant une solution pour chaque intérêt particulier, elle perdra de sa légitimité, non pas au sens propre, mais au sens figuré, elle passera à côté de l’exercice de ses compétences et elle ne saura assumer la responsabilité qui est la sienne de l’intérêt général. In fine, il n’y aura plus d’action publique territoriale, à proprement parler. C’est à l’aune de son degré d’imagination et de créativité à concevoir de nouveaux projets (de transport, de développement d’énergies, de servies publics pluriels, d’événements fédérateurs, etc.) que l’action publique territoriale devra être jugée", Gabrielle Halpern
"Si de nombreux territoires, - et à travers eux, leurs élus locaux -, mettent en avant l’idée d’attractivité, il peut être intéressant d’introduire et de promouvoir une autre notion : celle de l’hospitalité[1], qui ne saurait se confondre avec la première. En effet, l’attractivité d’un territoire se construit par une juxtaposition de points d’attraction, qui sont peu souvent reliés entre eux, voire qui peuvent entrer dans une forme de concurrence au sein d’un territoire pluriel et qui peuvent également masquer ou mettre absurdement dans l’ombre d’autres entités structurantes du territoire. Avec l’idée de l’hospitalité s’ouvre un autre état d’esprit : celui d’un maillage de tous les acteurs du territoire et donc d’une égale possibilité et responsabilité de chacun à jouer un rôle en tant que « vitrine territoriale ». Avec l’idée de l’hospitalité s’ouvre un autre ensemble de rites[2] en vertu duquel ceux qui accueillent et ceux qui sont accueillis, - qu’ils s’agissent d’entreprises, d’étudiants, de touristes ou encore d’artistes -, s’engagent dans une responsabilité réciproque", Gabrielle Halpern

[1] Gabrielle Halpern, « Penser l’hospitalité », Editions de l’Aube, 2022.

[2] Gabrielle Halpern, « Penser l’hospitalité », Editions de l’Aube, 2022.


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