Radio RCJ: "Intelligence artificielle: et l'Homme créa Dieu", par la philosophe Gabrielle Halpern
- gabriellehalpern
- il y a 7 jours
- 2 min de lecture

Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.
« Bonjour à tous ! Une fois n’est pas coutume, je souhaiterais partager avec vous ma joie à l’occasion de la parution de mon tout dernier livre intitulé : « Intelligence artificielle : et l’homme créa Dieu », aux Editions Hermann. Encore un livre sur l’intelligence artificielle ? Ah non, ce serait le cent vingt-troisième que je publierais cette année ! Voilà à peu de choses près ce que tout éditeur vous répondrait si vous veniez le voir pour lui proposer un manuscrit consacré à ce sujet à la mode qui, depuis un certain temps déjà, alourdit les étagères des librairies, occupe les esprits et les réseaux sociaux et interrompt les conversations. Encore un livre sur l’intelligence artificielle ? Mais n’a-t-on pas déjà tout dit ? Tout le monde, chef d’entreprise, politique, sociologue, psychologue, éducateur, philosophe n’a-t-il pas déjà publié son livre sur l’intelligence artificielle et n’avez-vous pas le sentiment de venir après la bataille ? Sur ce type de sujet tendance, la prime vient aux premiers ; quant aux derniers, ils ne feront que redire ce qui aura déjà été dit.
Comme l’IA a déjà été abondamment explorée par mes congénères avant moi, il m’est venu l’idée de l’aborder d’une manière complètement décalée et de mêler le ludique au philosophique. Ce livre est donc un essai hybride. Sérieux et farfelu à la fois. Sérieux parce que farfelu. Les divagations humoristiques sont bien un instrument puissant pour entrer dans les profondeurs des questions philosophiques que les propos les plus rigoureux ne peuvent pénétrer. J’ai voulu explorer une intuition, la laisser dériver, puis la suivre jusqu’à ce qu’elle m’échappe. L’idée de départ, il faut l’avouer, tenait presque de la plaisanterie : comparer ChatGPT à Dieu. Non pas pour y croire, ni pour y faire croire, mais pour observer comment l’imaginaire collectif, lorsqu’il parle d’intelligence artificielle, convoque spontanément un vocabulaire d’ordre théologique : omniscience, omnipotence, omniprésence. Ces attributs qui, depuis des siècles, définissent la divinité, semblent soudain se projeter sur une machine faite d’algorithmes et de serveurs.
Je me suis amusée à filer cette métaphore, comme on tire sur un fil pour voir jusqu’où il mène. Et très vite, derrière l’exagération, derrière l’ironie, j’ai découvert que ce parallèle faisait apparaître une vérité : notre rapport à l’IA est, en un sens, un rapport religieux. Elle suscite des attentes messianiques, des craintes apocalyptiques, des rituels d’usage, des dogmes implicites, une foi qui échappe à la raison. Comme jadis l’humanité a investi les dieux de ses peurs et de ses désirs, nous investissons aujourd’hui les machines de nos espoirs et de nos angoisses.
Mais je ne vous en dit pas plus, rendez-vous chez votre libraire préféré pour le découvrir par vous-même ! ».
@Tous droits réservés

Pour écouter la chronique en entier, rendez-vous sur le site de RCJ: https://radiorcj.info/emissions/philosophie-gabrielle-halpern/
Découvrez tous les livres de Gabrielle Halpern chez votre libraire préféré!

Pour commander et réserver votre ouvrage: https://www.leslibraires.fr/recherche/?q=Gabrielle+halpern


