« Nous faisons grossir nos sciences et rétrécir nos cœurs » - Tribune dans Ouest France de la philosophe Gabrielle Halpern
- gabriellehalpern
- 2 janv.
- 2 min de lecture

La philosophe Gabrielle Halpern a pris la parole, afin de partager avec les lecteurs de Ouest France son regard sur les sciences, leur sens et leur relation avec la société.
"Le progrès scientifique, - à la fois père, frère et fils du progrès technique et technologique -, a été particulièrement impressionnant ces dernières décennies, creusant l’écart avec notre progrès humain. Au siècle des Lumières, - le XVIIIe siècle -, le philosophe Emmanuel Kant dénonçait le fait que notre capacité de penser excédait notre capacité de savoir ; or, aujourd’hui, nous vivons une situation inverse où notre capacité de savoir excède notre capacité de penser. Il y a tant de nouveaux savoirs, tant de résultats scientifiques qui jaillissent partout dans le monde, que nous ne pouvons plus les « penser ». Les penser, c’est-à-dire nous les approprier et d’une certaine manière, les « humaniser ». Cette inflation des sciences pose donc et par ailleurs la question de leur sens. Ce problème est ancien, puisque le philosophe Jean-Jacques Rousseau dénonçait déjà l’éducation de singe savant que nous dispensons à la jeunesse dans les écoles, que « l’on élève à grands frais pour lui apprendre toutes choses, excepté ses devoirs », que sont « la magnanimité, la tempérance, l’humanité, le courage ». Les siècles passés ont malheureusement été l’expérimentation et la preuve de la vanité de l’érudition ; la culture, l’éducation n’ont pas permis d’empêcher la barbarie, ce qui signifie qu’un esprit cultivé et éduqué ne suffit pas. Il faut aussi qu’il apprenne à être courageux et bon. Nous envoyons des fusées sur la lune, nous faisons danser des robots, nous développons une médecine qui nous permet de vivre centenaire, mais nous sommes incapables d’appeler nos grands-parents qui se morfondent dans la solitude, d’écouter notre enfant avec l’attention qu’il mérite et d’arrêter de faire la guerre… Comme quoi, la difficulté n’est pas toujours là où on le croit ! Nous avons fait grossir nos sciences et rétrécir nos cœurs", Gabrielle Halpern
Pour lire la tribune en entier: https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-nous-faisons-grossir-nos-sciences-et-retrecir-nos-curs-a3ea0452-bee7-11f0-a083-858f2b6e92c2
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