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Chronique Philo pour Radio RCJ: "De quoi Bryan Johnson est-il le nom ? Les paradoxes de la quête de l’éternelle jeunesse" - Gabrielle Halpern

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    gabriellehalpern
  • 14 avr.
  • 2 min de lecture


Cette chronique est présentée par la philosophe Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.


« Bonjour à tous ! « Et Job mourut âgé et rassasié de jours »[1]. C’est ainsi que s’achève le Livre de Job, après une vie riche et tant de souffrances. « Rassasié de jours » : la formule interpelle. A partir de quand est-on rassasié ? Cette question prend une signification nouvelle aujourd’hui, au vu de la quête de longévité et d’éternelle jeunesse de milliardaires américains, comme Bryan Johnson, prêts à y investir leur fortune. Une mode qui prend son essor en France avec une multiplication de centres spécialisés. Pilules, régimes alimentaires, médecine et technologies s’entremêlent pour faire rajeunir les cellules du corps et tromper les années, comme si la vieillesse était une maladie comme une autre qu’il convenait de guérir.

 

Serions-nous en révolte contre notre obsolescence programmée ? Dans la mythologie grecque, l’immortalité était le monopole des dieux et elle leur était assurée par le nectar et l’ambroisie. Aux êtres humains, les religions promettent une vie après le trépas, une réincarnation ou une résurrection, mais par un passage obligé par la mort. La quête actuelle d’immortalité, - ou à défaut, de jeunesse éternelle -, a donc bien un parfum de transgression.

 

Cela dit quelque chose de notre époque et vient soulever plusieurs paradoxes. Tout d’abord, il est étonnant qu’une société qui regarde avec tant de mépris ses jeunes glorifie avec tant de folie la jeunesse, - preuve s’il en était besoin que cette quête d’éternelle jeunesse est superficielle : on veut l’apparence de la jeunesse, mais pas ses doutes. Ensuite, cette quête semble être le symptôme d’une humanité qui n’a peut-être jamais eu aussi peur de la mort. Nous avons beau accélérer nos progrès scientifiques, techniques et technologiques, notre peur de mourir n’a pas diminué, au contraire. Et si nos ancêtres acceptaient plus facilement la mort que nous, ils étaient capables de construire des pyramides et des cathédrales qui allaient durer des millénaires, tandis que nous, qui refusons notre mort, fabriquons des bâtiments, des objets, des habits de si mauvaise qualité qu’ils ne nous survivront pas.

 

C’est oublier l’essentiel : ce qui fait la jeunesse, ce n’est pas sa peau douce, c’est son rapport à la vie. Aucune technologie ni aucune potion ne rajeuniront les vieux cons. Le secret de l’éternelle jeunesse, c’est cette magnifique dame de 91 ans – ma grand-mère - qui s’achète un dictionnaire d’allemand pour apprendre une nouvelle langue ! »


[1] Livre de Job 42:17.


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