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"L’intelligence artificielle agit comme un révélateur de notre manque d’humanité" - Tribune de la philosophe Gabrielle Halpern dans La Croix

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    gabriellehalpern
  • 2 févr.
  • 2 min de lecture

A l'occasion de la parution de son essai "Intelligence artificielle: et l'Homme créa Dieu" (Hermann), la philosophe Gabrielle Halpern a publié une tribune dans le journal La Croix.


"Imprévisible ! C’est peut-être l’un des mots que nous entendons le plus en ce moment. Imprévisible ; les guerres sont imprévisibles, les Grands de ce monde sont imprévisibles, les marchés sont imprévisibles, la situation politique est imprévisible, tout est imprévisible et ce terme est en passe de devenir l’un des mots, si ce n’est l’un des maux, de l’année 2026 ! Mais alors qu’il est facile de parler de l’imprévisibilité des dirigeants en particulier et de celle de nos congénères en général, cela l’est beaucoup moins quand il s’agit de faire son examen de conscience et de réfléchir à sa propre imprévisibilité. De fait, cet examen de conscience se transforme rapidement en examen de confiance. N’y a-t-il pas un problème de fiabilité dans notre société ? On a 43000 amis sur les réseaux sociaux, mais en qui peut-on avoir confiance ? Qui dans notre entourage tient ses promesses ? Et moi, ai-je le sens de la parole donnée ?", Gabrielle Halpern

"Cela nous rappelle s’il en était besoin combien notre vie collective est fragile, et, surtout, combien elle est artificielle. Non, les êtres humains ne sont pas des animaux faits les uns pour les autres – même s’ils ne peuvent pas vivre seuls et c’est là la grande tragédie de notre condition humaine -, la vie en société n’a rien de naturel. Pensons à tout ce qu’il nous a fallu imaginer – les droits, les lois, les normes, les règles de la politesse, la bureaucratie, les règlements, les chartes et les traités, les codes, etc. -, pour rendre possible la vie collective. Hannah Arendt explique que « toutes les relations personnelles entre les hommes sont fondées sur la foi » ; la foi, au sens où, pour qu’il y ait un vivre ensemble possible, il faut qu’il y ait une foi dans ce vivre ensemble, c’est-à-dire une confiance réciproque entre les membres de la Cité. Le contrat social ne peut pas reposer uniquement sur un corpus de textes législatifs, il se fonde aussi sur cette foi en l’Autre, ou plutôt sur cette foi possible en l’Autre. La foi dans le collectif est peut-être ce supplément d’âme qui fait d’un simple contrat social une Nation et qui lui permet de perdurer à travers le temps, au-delà des soubresauts, des crises et des guerres. Tant que les représentants du pouvoir exécutif, comme ceux du pouvoir législatif et ceux du pouvoir judiciaire ne l’auront pas compris, toutes les actions en matière de « vivre ensemble » seront vaines et illusoires (...)", Gabrielle Halpern





















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Gabrielle Halpern

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