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Gabrielle Halpern s'exprime aux Rencontres de l'avenir de Saint-Raphaël

Dernière mise à jour : 20 nov. 2023


La philosophe Gabrielle Halpern est intervenue aux Rencontres de l'Avenir de Saint-Raphaël, à l'occasion d'une table-ronde réunissant Dominique Faure, ministre des Collectivités locales et de la ruralité et Jean-Pierre Farandou, Président du Groupe SNCF, sur le thème de l'avenir des territoires.


« Aristote définissait l’objet principal de la politique comme le fait de « créer l’amitié entre les membres de la Cité ». Il est intéressant de le rappeler, surtout en ce moment, car on pourrait prêter mille rôles, mille fonctions au politique, mais rien ne pourra être fait, rien ne pourra être engagé s’il n’y a pas d’abord une amitié rendant possible l’envie d’un projet commun. Par ailleurs, l’amitié ne peut pas être une amitié hors-sol, elle s’installe, elle s’ancre d’abord dans un espace, dans un territoire. Elle est le produit d’un territoire, tout en participant à la production de ce territoire. Cette amitié ne concerne pas seulement les relations entre les citoyens, mais également celles entre les élus qui les représentent et qui représentent les territoires. Cette possibilité de l’amitié doit pouvoir également concerner les acteurs d’un territoire : les entreprises, - y compris des entreprises concurrentes, qui doivent pouvoir se retrouver pour faire face à certains enjeux, en particulier la transition écologique et énergétique -, les associations, les institutions publiques ou culturelles. Tous les acteurs sont concernés, qu’il s’agisse d'une entreprise, d’un musée, d’un hôpital, d’une école ou d’une maison de retraite », Gabrielle Halpern


"Par ailleurs, pour penser le développement des territoires, la notion de singularité est beaucoup plus intéressante que celle d’identité, puisqu’elle embrasse une dimension de métamorphose et laisse place à la relation possible à l’autre", Gabrielle Halpern

« La capacité d’une entreprise, d’une association, d’une administration publique, d’une école, d’une maison de retraite, d’un restaurant, d’un théâtre, d’un hôpital ou encore d’une collectivité territoriale à se concevoir comme un écosystème responsable de la création et de la culture d’un véritable maillage territorial, culturel, social, professionnel, éducatif, sectoriel, intergénérationnel va devenir cruciale dans les années qui viennent. Demain, ce qui fera la force d’une entreprise sera sa capacité à entraîner avec elle toute sa chaîne de valeur : fournisseurs, sous-traitants, clients, territoires, partenaires publics, investisseurs, écoles et même concurrents ! Tant que chaque acteur restera enfermé dans sa case, il n’y aura pas de réparation du monde. Tant que chaque acteur de la Cité n’assumera pas sa responsabilité partenariale, il n’y aura pas de contrat social. Demain, on évaluera une entreprise, une association, une école, un hôtel, une usine ou encore un restaurant par rapport à sa capacité à jouer un rôle de point de repère pour son territoire, à créer des ponts entre les mondes, à cultiver des maillages et des écosystèmes ; autrement dit, par rapport à sa capacité à « hybrider »[1] et à « s’hybrider » », Gabrielle Halpern

[1] Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Eloge de l’hybridation », Le Pommier, 2020.






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